À Conakry, les coupures d’électricité font à nouveau partie du quotidien des habitants. Une situation qui suscite incompréhension et frustration, surtout après les investissements majeurs réalisés dans le secteur énergétique ces dernières années. La construction des barrages de Souapiti Dam et de Kaleta Dam avait pourtant suscité beaucoup d’espoir. Alors pourquoi, malgré ces infrastructures, les délestages persistent-ils, voire s’aggravent-ils sous le Comité National du Rassemblement pour le Développement ?
Une production en hausse… mais insuffisante
Les barrages de Souapiti et Kaleta représentent des investissements colossaux pour la Guinée. Ensemble, ils ont considérablement augmenté la capacité de production électrique du pays. En théorie, cette énergie devrait permettre d’alimenter une grande partie de la capitale et même soutenir le développement industriel.
Cependant, produire de l’électricité ne garantit pas automatiquement son accès à la population. La réalité est plus complexe : entre la production et la consommation, de nombreux obstacles subsistent.
Un réseau de distribution défaillant
L’un des principaux problèmes réside dans le réseau de distribution. Une grande partie des infrastructures électriques de la Guinée est vieillissante, mal entretenue ou insuffisamment développée. Cela entraîne des pertes importantes d’électricité, souvent appelées “pertes techniques”.
À cela s’ajoutent les branchements illégaux, très répandus dans certains quartiers de Conakry. Ces pratiques désorganisent le réseau, augmentent la surcharge et provoquent des coupures fréquentes pour éviter des pannes généralisées.
Ainsi, même si l’électricité est produite en quantité suffisante à certains moments, elle n’arrive pas correctement jusqu’aux consommateurs.
Une demande en forte croissance
Conakry connaît une croissance démographique rapide. Chaque année, des milliers de nouveaux habitants s’installent dans la capitale, ce qui augmente considérablement la demande en électricité.
En parallèle, l’urbanisation et l’évolution des modes de vie entraînent une consommation énergétique plus élevée : climatiseurs, appareils électroménagers, entreprises, commerces… tous dépendent d’une alimentation stable.

Le problème est que cette hausse de la demande dépasse souvent les capacités du système, surtout pendant les périodes de forte chaleur où la consommation explose.
La question de la gestion et de la gouvernance
Au-delà des aspects techniques, la gestion du secteur énergétique est souvent pointée du doigt. Sous le Comité National du Rassemblement pour le Développement, comme sous les régimes précédents, des critiques persistent concernant la planification, la transparence et l’efficacité des décisions.
Les investissements dans la production, bien que nécessaires, ne sont pas toujours accompagnés d’une stratégie globale incluant la modernisation du réseau, la maintenance des équipements et la formation du personnel.
De plus, certaines décisions politiques peuvent influencer la distribution de l’électricité, notamment dans des contextes sensibles ou à l’approche d’événements importants.
Le rôle de l’entretien et de la maintenance
Un autre facteur clé est le manque d’entretien des infrastructures existantes. Les barrages eux-mêmes nécessitent un suivi constant, mais c’est surtout le réseau de transport et de distribution qui souffre d’un déficit de maintenance.
Sans entretien régulier, les équipements se dégradent rapidement, ce qui entraîne des pannes fréquentes et des coupures prolongées.
Investir dans la construction est une chose, mais maintenir ces infrastructures en état de fonctionnement en est une autre, tout aussi essentielle.
L’impact sur la population et l’économie
Les coupures d’électricité ont des conséquences directes sur la vie quotidienne des habitants de Conakry. Les ménages doivent s’adapter en permanence, souvent en recourant à des solutions alternatives coûteuses comme les groupes électrogènes.
Pour les entreprises, l’instabilité énergétique représente un frein majeur. Les pertes financières liées aux interruptions d’activité sont importantes, et cela peut décourager les investisseurs.
Dans les secteurs de la santé et de l’éducation, les coupures peuvent également avoir des conséquences graves, notamment lorsqu’elles affectent les hôpitaux ou les établissements scolaires.
Les limites du modèle actuel
La situation actuelle montre clairement les limites d’une stratégie centrée principalement sur la production. Les barrages de Souapiti Dam et Kaleta Dam sont des réalisations importantes, mais elles ne suffisent pas à elles seules à résoudre les problèmes énergétiques du pays.
Un système électrique efficace repose sur un équilibre entre production, transport, distribution et gestion. Si l’un de ces éléments est défaillant, l’ensemble du système en souffre.
Quelles solutions pour l’avenir ?
Pour améliorer durablement la situation à Conakry, plusieurs pistes peuvent être envisagées :
- Moderniser le réseau électrique pour réduire les pertes et améliorer la fiabilité
- Renforcer la lutte contre les branchements illégaux
- Investir dans la maintenance et la formation
- Diversifier les sources d’énergie (solaire, thermique, etc.)
- Mettre en place une gouvernance plus transparente et efficace
Il est également crucial d’adopter une approche à long terme, qui anticipe la croissance future de la demande et intègre les besoins des populations.
Un débat qui reste ouvert
La question de l’électricité à Conakry dépasse le simple cadre technique. Elle touche à la gouvernance, au développement économique et au bien-être des citoyens.
Aujourd’hui, de nombreux Guinéens s’interrogent : comment un pays doté de ressources hydrauliques importantes peut-il encore faire face à de telles difficultés énergétiques ?
Le débat est donc loin d’être clos. Une chose est certaine : pour répondre aux attentes de la population, il ne suffit plus de construire des barrages. Il faut repenser l’ensemble du système énergétique.

Ismael Bangoura is a news article writer for BGM News, specializing in clear, factual, and engaging reporting on current events. He is dedicated to delivering accurate and well-researched stories that keep readers informed on important local and global developments. His writing focuses on making complex topics easy to understand while maintaining journalistic integrity and balance. Through his work, Ismael aims to provide timely news coverage that is both reliable and accessible to a broad audience.



























