La Direction Générale des Élections (DGE) est aujourd’hui au cœur d’une vive contestation en Guinée. Pour de nombreux acteurs politiques et membres de la société civile, l’institution chargée d’organiser les scrutins ne joue plus son rôle d’arbitre impartial, mais apparaît comme un instrument au service du pouvoir en place.
La principale critique porte sur le manque d’indépendance de la DGE. Des décisions jugées orientées, des consignes opaques et une absence de neutralité alimentent la méfiance et fragilisent la crédibilité du processus électoral. Or, sans institution indépendante, aucune élection ne peut être véritablement libre.
La gestion du fichier électoral constitue un autre point sensible. Non audité de manière indépendante, il est soupçonné de contenir des doublons, des électeurs fictifs et d’exclure de nombreux citoyens pourtant en droit de voter. Pour les critiques, le fichier électoral est devenu un outil de manipulation plutôt qu’un instrument démocratique.
Le jour du scrutin, plusieurs dysfonctionnements ont été signalés : retards d’ouverture des bureaux, manque de matériel électoral, fermetures inexpliquées et agents insuffisamment formés. Ces défaillances ont découragé la participation et contribué à une abstention forcée dans certaines zones.

La phase de centralisation des résultats a également été marquée par un déficit de transparence. Des procès-verbaux non affichés, des résultats annoncés sans correspondre aux chiffres locaux et le refus de publier les résultats bureau par bureau ont renforcé les soupçons de fraude.
Face à ces irrégularités, la DGE est accusée d’un silence institutionnel : absence d’enquêtes sérieuses, aucune sanction significative et minimisation des fraudes signalées. Même sous pression politique, l’institution porte une responsabilité administrative, morale et historique dans l’affaiblissement de la démocratie guinéenne.
Tant que la DGE ne sera pas réformée en profondeur pour garantir son indépendance, sa transparence et sa crédibilité, les élections en Guinée continueront d’être perçues par une partie importante de la population comme des simulacres démocratiques.