Le conflit porte sur la garde des trois enfants du couple. Le père réside actuellement aux États-Unis, tandis que la mère exerce ses fonctions ministérielles en Guinée.
Selon Me Moussa Diakité, avocat de M. Camara, son client aurait été surpris par la signification d’une ordonnance de garde introduite par Mme Sall, qui lui attribuerait la garde des enfants.
« De surprise en surprise, sans s’y attendre, M. Boubacar Mady a reçu la signification d’une ordonnance de garde provenant de Mme Sall, au motif qu’elle aurait la garde des enfants. C’est pour cette raison que nous nous sommes adressés au tribunal afin d’être rétablis dans ses droits », a-t-il déclaré.
L’avocat rappelle que le droit guinéen reconnaît une égalité de principe entre le père et la mère en matière d’autorité parentale.
« On ne peut pas parler de bras de fer. Le père comme la mère ont les mêmes droits sur les enfants. Aucun ne peut se prévaloir d’un droit absolu au détriment de l’autre. »
Accusations de falsification de documents
Une ordonnance de garde provisoire rendue en août 2025 par le tribunal pour enfants aurait confié la garde à la ministre.
D’après Me Diakité, cette décision aurait ensuite été traduite par le ministère des Affaires étrangères et présentée devant une juridiction américaine afin d’obtenir sa reconnaissance aux États-Unis et permettre le retour des enfants en Guinée.
L’avocat du père évoque des irrégularités graves :
« À l’examen des pièces, nous avons constaté que certains documents produits auraient été fabriqués de toutes pièces. Présenter des documents comportant des inexactitudes pour induire le tribunal en erreur est extrêmement grave. Aujourd’hui, M. Camara se retrouve privé de ses enfants. »
Ces accusations, si elles étaient établies, pourraient ouvrir un volet pénal distinct.
La question de la santé d’un des enfants
Me Diakité souligne également que l’un des enfants serait atteint d’une pathologie dont le médecin traitant se trouve aux États-Unis, un élément qui pourrait peser dans l’appréciation de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Concernant les tensions personnelles au sein du couple, l’avocat refuse tout commentaire :
« Il s’agit ici uniquement d’une question de garde. Les différends conjugaux ne relèvent pas du cadre de la procédure. »
Silence du camp de la ministre
Contacté, Me Jonas Kourouma, l’un des avocats de Mme Sall, a indiqué ne pas souhaiter commenter un dossier qu’il qualifie de « confidentiel ».