Conakry — La Cour suprême de la République de Guinée a proclamé les résultats de la sélection électorale portant sur la candidature de Mamadi Doumbouya. Une décision qui suscite une vive controverse et alimente de profondes inquiétudes quant à la crédibilité du processus électoral et au respect des principes démocratiques fondamentaux.
Présentée comme une étape institutionnelle normale, cette proclamation est perçue par une large frange de l’opinion nationale et de la diaspora comme l’aboutissement d’un processus verrouillé à l’avance, vidé de toute véritable compétition politique et déconnecté de la volonté populaire.
Un processus qualifié de mascarade électorale
De nombreux acteurs politiques, organisations de la société civile et observateurs indépendants dénoncent une « sélection électorale » plutôt qu’une élection véritable. Ils pointent du doigt une faible participation citoyenne, l’absence de conditions équitables pour les autres candidats et un climat de restriction des libertés publiques ayant lourdement pesé sur le déroulement du processus.
Pour ces critiques, la proclamation des résultats par la Cour suprême ne fait que consacrer juridiquement une décision politique déjà actée, transformant l’institution judiciaire suprême en simple chambre d’enregistrement d’un scénario écrit à l’avance.

La Cour suprême au banc des accusés
Loin de jouer un rôle d’arbitre impartial, la Cour suprême se retrouve aujourd’hui au cœur des accusations. Son silence sur les nombreuses irrégularités signalées avant, pendant et après le scrutin interroge sur son indépendance réelle et sur sa capacité à défendre l’État de droit.
Des juristes et analystes estiment que cette décision risque d’entamer durablement la confiance des citoyens dans les institutions républicaines, déjà fragilisées par des années de transitions politiques successives et de promesses non tenues.
Une crise de légitimité aux conséquences incertaines
Au-delà de l’annonce officielle, c’est la question de la légitimité du processus qui domine le débat. Pour les opposants, cette proclamation ne saurait clore le dossier électoral, encore moins apaiser les tensions. Au contraire, elle pourrait ouvrir une nouvelle phase de contestations politiques et sociales, tant à l’intérieur du pays qu’au sein de la diaspora guinéenne.
Face à cette situation, plusieurs forces politiques appellent à une mobilisation citoyenne pacifique, à un sursaut institutionnel et à l’ouverture urgente d’un dialogue politique inclusif, seule voie susceptible de restaurer la confiance et de préserver la stabilité nationale.
Tandegbema poursuivra son travail d’information, d’analyse critique et de veille citoyenne afin de donner la parole à toutes les voix qui s’élèvent pour la transparence, la justice et le respect de la souveraineté populaire.