Conakry, août 2025 – Le climat politique guinéen reste tendu à l’approche des prochaines élections. Les trois grandes formations d’opposition — UFDG, UFR et RPG Arc-en-Ciel — sont confrontées à des restrictions imposées par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) après l’évaluation administrative des partis politiques. Entre suspensions, exclusions et délais de régularisation, chacune tente de s’adapter et de préparer sa riposte.
UFDG : régulariser vite et rester mobilisé
Autorisée à poursuivre ses activités mais sous réserve, l’UFDG dispose de 45 jours pour se mettre en conformité avec les exigences administratives.
Le parti de Cellou Dalein Diallo a déjà annoncé son intention de :
- contester juridiquement son exclusion des rencontres politiques nationales,
- mobiliser ses structures locales pour maintenir le lien avec les électeurs,
- renforcer l’unité interne afin d’éviter toute division à un moment clé.
Pour l’UFDG, la participation aux prochaines élections reste l’objectif central, mais elle sera conditionnée à la transparence du processus électoral.
UFR : lever la suspension et chercher des alliances
Suspendue pour 90 jours, l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré concentre ses efforts sur deux fronts :
- un plaidoyer auprès des partenaires internationaux afin de dénoncer la sanction,
- une mise en conformité administrative rapide pour être réintégrée dans le jeu politique.
L’UFR n’exclut pas de coordonner ses actions avec d’autres partis sanctionnés pour peser davantage sur les négociations.
RPG Arc-en-Ciel : reconquérir le terrain politique
L’ex-parti au pouvoir, également suspendu pour 90 jours, mise sur :
- une réorganisation interne avec la tenue d’un congrès et la mise à jour de ses structures,
- une communication offensive contre ce qu’il qualifie de volonté d’exclure le RPG du paysage politique,
- le renforcement de ses bases électorales historiques pour rester un acteur incontournable.
Vers un front commun de l’opposition ?
Malgré leurs divergences passées, UFDG, UFR et RPG partagent aujourd’hui des intérêts communs :
- résister politiquement aux décisions jugées « arbitraires »,
- se mettre en conformité pour éviter toute exclusion officielle,
- envisager des alliances stratégiques pour peser sur l’organisation du scrutin.
Dans un contexte où le gouvernement assure que les élections seront « assises sur des fondations solides », ces partis d’opposition affûtent leurs armes pour ne pas être écartés du rendez-vous électoral. Reste à savoir si leurs stratégies respectives convergeront vers un véritable bloc commun ou resteront cantonnées à des actions isolées.
redaction@bgm.com























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