Conakry, juillet 2025 — Faire ses courses quotidiennes en Guinée est devenu un véritable défi pour la majorité des ménages. Dans un contexte marqué par l’inflation, la dévaluation du franc guinéen et les tensions sur les marchés mondiaux, les prix des denrées de base explosent tandis que les revenus stagnent. Le panier de la ménagère n’a jamais été aussi léger, mais aussi stratégique.
📈 Des prix qui ne cessent de grimper
- Riz local : 6000 à 8000 GNF le kg
- Riz importé : 10 000 à 12 500 GNF le kg
- Huile d’arachide : 30 000 GNF le litre
- Sucre : 12 000 à 14 000 GNF le kg
- Oignon / pomme de terre : jusqu’à 18 000 GNF le kg selon les régions
- Poisson fumé ou importé : un luxe pour beaucoup
Dans les marchés de Madina, Taouyah, Labé ou Kankan, les vendeuses dénoncent la hausse des prix chez les grossistes, due aux taxes douanières, au coût du transport, et à la spéculation.
“Aujourd’hui, 100 000 GNF ne remplissent même plus un sac plastique. On est fatigués !”
— Mariama, marchande au marché de Dixinn.
🍽️ Une consommation réajustée
Face à la flambée des prix, les familles réduisent les quantités, substituent des produits, ou sautent des repas. Le riz est parfois remplacé par du manioc ou du maïs. La viande devient rare dans les assiettes. L’huile est utilisée au compte-gouttes.
“On mange à midi, mais pas le soir. Les enfants doivent s’habituer, c’est la réalité du pays.”
— Amadou, père de 5 enfants à N’Zérékoré.
Des alternatives locales comme les bouillies de fonio, les feuilles de patate ou les produits de maraîchage gagnent du terrain, redonnant aussi de la valeur aux cultures vivrières locales.
📊 En chiffres
- L’inflation alimentaire a dépassé 28% en glissement annuel (source : BCRG – mai 2025).
- Plus de 65% des ménages urbains déclarent consommer moins qu’avant.
- Le secteur informel reste le principal canal d’approvisionnement (marchés ouverts, vendeuses ambulantes, réseaux familiaux).
🛍️ Résilience et initiatives citoyennes
Malgré les difficultés, des stratégies locales émergent :
- Achats groupés dans les quartiers pour obtenir des rabais
- Petits jardins potagers urbains (dans les cours ou sur les toits)
- Applications locales de commerce solidaire (ex : Yalanda Market à Conakry)
- Coopératives féminines de transformation et conservation des aliments
Des campagnes de sensibilisation encouragent également la consommation locale, pour réduire la dépendance aux importations.
🗣️ Conclusion : Urgence d’une politique alimentaire stable
La crise de la consommation en Guinée met à nu les fragilités structurelles du pays : dépendance aux importations, faible industrialisation agroalimentaire, spéculation incontrôlée, et absence de soutien aux producteurs locaux. Si rien n’est fait, la sécurité alimentaire nationale pourrait être durablement compromise.
Consommer en Guinée, en 2025, n’est plus un acte banal — c’est une lutte quotidienne.
























Discussion about this post