Conakry, juillet 2025 — Faire ses courses quotidiennes en Guinée est devenu un véritable défi pour la majorité des ménages. Dans un contexte marqué par l’inflation, la dévaluation du franc guinéen et les tensions sur les marchés mondiaux, les prix des denrées de base explosent tandis que les revenus stagnent. Le panier de la ménagère n’a jamais été aussi léger, mais aussi stratégique.
Dans les marchés de Madina, Taouyah, Labé ou Kankan, les vendeuses dénoncent la hausse des prix chez les grossistes, due aux taxes douanières, au coût du transport, et à la spéculation.
“Aujourd’hui, 100 000 GNF ne remplissent même plus un sac plastique. On est fatigués !”
— Mariama, marchande au marché de Dixinn.
Face à la flambée des prix, les familles réduisent les quantités, substituent des produits, ou sautent des repas. Le riz est parfois remplacé par du manioc ou du maïs. La viande devient rare dans les assiettes. L’huile est utilisée au compte-gouttes.
“On mange à midi, mais pas le soir. Les enfants doivent s’habituer, c’est la réalité du pays.”
— Amadou, père de 5 enfants à N’Zérékoré.
Des alternatives locales comme les bouillies de fonio, les feuilles de patate ou les produits de maraîchage gagnent du terrain, redonnant aussi de la valeur aux cultures vivrières locales.
Malgré les difficultés, des stratégies locales émergent :
Des campagnes de sensibilisation encouragent également la consommation locale, pour réduire la dépendance aux importations.
La crise de la consommation en Guinée met à nu les fragilités structurelles du pays : dépendance aux importations, faible industrialisation agroalimentaire, spéculation incontrôlée, et absence de soutien aux producteurs locaux. Si rien n’est fait, la sécurité alimentaire nationale pourrait être durablement compromise.
Consommer en Guinée, en 2025, n’est plus un acte banal — c’est une lutte quotidienne.