Le procès du 28 septembre, présenté comme un moment historique de vérité et de justice, donne aujourd’hui l’impression inquiétante d’un retour à la case départ. Audience après audience, le même scénario se répète : les accusés nient, les responsabilités se diluent et la vérité recule.
Dernier en date, le colonel Bienvenue Lama a, à son tour, rejeté en bloc toutes les accusations portées contre lui. Un déni de plus dans un procès où presque personne ne reconnaît les faits, où chacun se défausse, et où les victimes attendent toujours des réponses claires.
La grande question que personne ne veut poser
Au cœur de ce procès se trouve une zone d’ombre majeure :
Pourquoi aucun soldat du camp militaire de Kaleya ne s’est présenté devant le juge depuis le début du procès ?
Ce silence est troublant. Il n’est ni anodin ni acceptable dans une affaire de cette gravité. Un camp militaire n’est pas un espace sans règles ni hiérarchie. Il fonctionne selon une chaîne de commandement stricte, dirigée par des officiers responsables des actes de leurs hommes.
Et pourtant, aucun officier du camp Kaleya ne parle.
Aucun ne témoigne.
Aucun ne dit ce qu’il a vu, entendu ou ordonné.
Une omerta qui interroge
Pourquoi ce mutisme collectif ?
Pourquoi ce refus persistant d’aborder le rôle du camp Kaleya ?
Qui protège qui ? Et dans quel intérêt ?
Ce silence ressemble de plus en plus à une omerta militaire, soigneusement entretenue, qui empêche la justice d’aller au bout de sa mission. Lorsque ceux qui commandent se taisent et que ceux qui exécutent disparaissent du prétoire, la vérité devient prisonnière des non-dits.
Peut-on parler de justice sans toute la vérité ?
Un procès ne peut être crédible que si toutes les responsabilités sont examinées, sans tabou, sans protection et sans zones interdites. Tant que le camp Kaleya restera absent du débat judiciaire, le procès du 28 septembre restera incomplet, et la justice, fragile.
Les victimes, leurs familles et le peuple guinéen méritent mieux que des dénégations en série. Ils méritent la vérité entière, même si elle dérange, même si elle bouscule des intérêts puissants.
Le débat est ouvert
Le procès du 28 septembre est à un tournant.
Soit il devient un véritable procès de vérité,
soit il restera dans l’histoire comme une occasion manquée, étouffée par le silence et la peur de parler.
Grand débat du samedi :
Sans le camp Kaleya, peut-on réellement rendre justice ?