La publication du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Bah Oury, sous l’autorité du Président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, continue de faire couler beaucoup d’encre en Guinée et au sein de la diaspora. Annoncé comme une nouvelle étape décisive de la transition, ce remaniement soulève pourtant de nombreuses interrogations sur la vision, les priorités et la cohérence des choix opérés.
Un gouvernement marqué par la continuité
À la lecture de la nouvelle équipe gouvernementale, un constat s’impose : la continuité l’emporte largement sur la rupture. Plusieurs ministres clés ont été reconduits, malgré les critiques récurrentes sur la lenteur des réformes, les difficultés économiques et sociales, ainsi que l’absence de résultats tangibles dans certains secteurs stratégiques.
Pour de nombreux observateurs et auditeurs, cette reconduction s’explique avant tout par une logique de récompense politique. Les ministres qui ont été les plus visibles dans la défense du CNRD et de la transition — ceux qui, selon l’expression populaire, ont « mouillé le maillot » — semblent avoir été privilégiés.

La loyauté avant la compétence ?
Cette approche divise profondément l’opinion. D’un côté, certains estiment qu’en période de transition, la loyauté et la cohésion politique sont essentielles pour maintenir la stabilité et éviter les fractures internes. Selon cette lecture, Mamadi Doumbouya aurait fait le choix d’une équipe fidèle, capable de soutenir son agenda politique jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel.
De l’autre côté, une large frange de l’opinion considère ce gouvernement comme un échec sur le plan de la compétence. Des voix s’élèvent pour dénoncer le maintien de ministres dont les bilans sont jugés faibles, voire inexistants, dans des domaines aussi cruciaux que l’économie, l’emploi des jeunes, les infrastructures, l’éducation ou encore la santé.
Une occasion manquée ?
Pour certains analystes, la nomination de Bah Oury à la Primature aurait dû marquer une rupture forte avec les pratiques du passé. Beaucoup attendaient une équipe resserrée, composée de profils technocratiques, capables d’apporter des solutions concrètes aux difficultés quotidiennes des Guinéens.
Au lieu de cela, le nouveau gouvernement donne l’impression d’un compromis politique, où l’équilibre des forces et la gestion des fidélités ont pris le dessus sur l’efficacité et la performance. Une situation qui alimente le scepticisme et renforce la méfiance d’une population déjà éprouvée par les promesses non tenues.
Quels défis pour Bah Oury ?
Le Premier ministre Bah Oury se retrouve désormais face à un défi majeur : convaincre par les actes. Au-delà des polémiques sur la composition du gouvernement, les Guinéens attendent des résultats rapides et visibles. Pouvoir d’achat, emploi, lutte contre la corruption, organisation du retour à l’ordre constitutionnel : les attentes sont immenses.
La réussite ou l’échec de ce gouvernement dépendra donc moins des discours que de sa capacité à produire des changements concrets dans un délai raisonnable.
Le débat est ouvert
👉 Ce nouveau gouvernement est-il une juste récompense pour des ministres loyaux à la transition ?
👉 Ou représente-t-il une occasion manquée de placer la compétence et le mérite au cœur de l’action publique ?
C’est autour de ces interrogations que s’articule le Grand Débat de ce vendredi, avec la participation active de nos auditeurs, analystes et acteurs de la société civile.
La parole est au peuple.