À l’occasion d’un point de presse animé à Conakry, Faya Millimono, président de la Coalition politique pour la rupture (CPR), a exprimé une vive inquiétude face à ce qu’il qualifie de « confusion dangereuse » entre l’État et un parti politique. Une sortie qui relance le débat sur la neutralité des institutions en Guinée, à l’approche des prochaines échéances électorales.
Une alerte sur le risque de « parti-État »
Devant la presse réunie à Conakry, le leader de la CPR a dénoncé ce qu’il considère comme une tendance préoccupante : l’immixtion du politique dans le fonctionnement de l’administration publique. Selon lui, l’État doit rester une entité neutre, au service de tous les citoyens, indépendamment des affiliations partisanes.
« L’État n’est pas un parti politique », a-t-il martelé, estimant que toute tentative de transformer l’appareil administratif en instrument de promotion politique constitue une menace pour la démocratie.
La question de la neutralité administrative
Au cœur de son intervention, la question de la neutralité des administrateurs publics. Gouverneurs, préfets, hauts fonctionnaires et responsables d’institutions devraient, selon lui, se tenir à équidistance des formations politiques afin de garantir l’équité du processus démocratique.
La CPR plaide notamment pour :
Pour Faya Millimono, la confusion entre État et parti ouvre la voie à un système de « parti-État », où la compétition politique devient inégale et où l’opposition évolue dans un environnement déséquilibré.
Un débat crucial à l’approche des élections
Cette prise de position intervient dans un contexte politique marqué par la préparation des futures élections et les discussions autour de la consolidation du cadre institutionnel. L’opposition insiste sur la nécessité d’un climat politique apaisé, fondé sur la transparence et l’égalité des chances entre les acteurs.
Pour la CPR, préserver la distinction entre État et parti est une condition essentielle pour garantir la crédibilité du processus électoral et la stabilité institutionnelle.
Entre unité nationale et pluralisme
Le président de la CPR a également souligné que l’unité nationale ne saurait signifier uniformité politique. Dans une démocratie pluraliste, a-t-il rappelé, la diversité des opinions constitue une richesse et non une menace.
Ce « Grand Débat » relance ainsi une question fondamentale : comment assurer la neutralité de l’État dans un contexte de compétition politique intense ? Un enjeu central pour l’avenir démocratique du pays.
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