L’investiture du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, intervient dans un climat politique marqué par une sobriété inhabituelle, tant sur le plan diplomatique que populaire. Contrairement à l’élan observé lors de l’élection présidentielle, l’événement ne suscite ni engouement massif du peuple ni présence significative de chefs d’État étrangers. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations.
Une absence diplomatique lourde de sens
Plusieurs dirigeants africains et partenaires internationaux ont choisi de décliner l’invitation à cette investiture. Officiellement, aucune explication directe n’a été fournie. Mais dans les cercles diplomatiques, cette absence est largement interprétée comme un message politique clair.
La transition guinéenne, initialement accueillie avec prudence et espoir, est aujourd’hui perçue comme manquant de visibilité. Le calendrier de retour à l’ordre constitutionnel demeure flou, tandis que les tensions politiques internes persistent. À cela s’ajoutent les critiques relatives aux libertés publiques, au dialogue politique jugé insuffisant et à la gestion des oppositions. Autant de facteurs qui incitent plusieurs États à adopter une posture de réserve.

Une mobilisation populaire en net recul
Sur le plan national, l’atmosphère contraste fortement avec celle de la présidentielle. Pas de ferveur populaire, pas de mobilisation spontanée d’envergure. L’investiture se déroule dans un climat calme, presque indifférent, révélateur d’un désengagement progressif d’une partie de la population.
Ce manque d’enthousiasme n’est pas anodin. Il traduit une fatigue sociale et politique. Après des années de transition, le peuple guinéen attend désormais des actes concrets plutôt que des symboles. L’amélioration des conditions de vie, la lutte contre la corruption, la justice équitable et un processus électoral crédible restent les principales attentes.
Le peuple envoie un signal fort
L’absence d’engouement populaire constitue un message silencieux mais puissant. Le peuple guinéen semble exprimer, par cette retenue, une exigence accrue de résultats. Les promesses initiales, si elles ont suscité l’espoir, doivent désormais se traduire en actions mesurables.
Cette posture populaire n’est ni une rupture brutale ni un rejet frontal, mais une forme de mise à l’épreuve du pouvoir en place. La confiance n’est plus acquise, elle se mérite.
Une transition à un moment décisif
L’investiture de Mamadi Doumbouya apparaît ainsi comme un moment charnière. Entre une communauté internationale prudente et un peuple attentif mais exigeant, le président de la transition se retrouve face à un défi majeur : rétablir la confiance par l’inclusivité, la transparence et le respect des engagements pris.
Car en politique, l’absence des alliés et le silence du peuple sont souvent les signaux les plus éloquents.